LA PERMACULTURE

La permaculture aujourd'hui ?

Le mot est aujourd’hui sur toutes les bouches, dans les médias, sur les réseaux sociaux, même chez les politiques !

C’est le dernier ‘truc bio’ à la mode, disent certains, quand d’autres affirment au contraire que c’est LA solution pérenne pour nous sortir de l’impasse mortifère dans laquelle l’homme s’est engagé depuis l’ère industrielle. Pour les uns c’est d’abord un mode d’agriculture, pour les autres c’est bien plus, c’est une nouvelle façon d’être et de penser…

Engouement passager d’une minorité à majorité bobo qui s’inquiète pour son avenir ? Utopie nouvelle ? Expression instinctive d’une panique de l’animal que nous sommes face à la catastrophe annoncée – un animal qui aurait oublié d’où il vient ? Enième soubresaut écolo ou au contraire lame de fond qui vient de loin et qui, lentement mais sûrement, est en train de changer nos sociétés ?

Voyons ce qu’il en est ! Nous serons là pour ça, aux portes de Tours, et nous sommes impatients de vous accueillir pour en discuter !

La permaculture est une conscience

C’est un fait : il y a autant de permacultures que de permaculteurs. A chacun sa permaculture, pourrait-on dire… Résultat : on peut s’y perdre. Alors, comment s’y retrouver ?

Disons déjà qu’une valeur souveraine sous-tend toute cette communauté (d’esprits) : le RESPECT. Respect du vivant, respect de la nature, respect de l’autre… Tout est lié. Mais avant tout il y a le respect de soi. C’est la pierre fondatrice, la condition sine qua non à tout le reste. Sans ce petit déclic intérieur, la réaction en chaîne vertueuse peut difficilement se produire. Car là réside sans doute la pierre de touche de la permaculture : à l’intérieur de soi, nichée dans sa conscience.

Vouloir bien se nourrir, vouloir respirer un air sain, boire une eau pure, vouloir être en bonne santé… en un mot vouloir prendre soin de soi est un bon départ. Rien d’égoïste là-dedans. Bien au contraire : celui qui s’engage dans cette voie se rend vite compte qu’il ne peut y arriver sans les autres. Le respect de soi passe par le respect des autres, le respect de l’Humain…

Alors, voilà, il suffirait de vouloir manger bio, se remplir de bienveillance, se tourner vers les autres et adopter des règles écolos pour que l’harmonie tant souhaitée règne enfin ? La permaculture ce serait donc un nouvel humanisme, façon XXIème siècle, un humanisme à la sauce bio ? Rien de plus rien de moins ? Hélas, on le sait, tout ceci n’est faisable qu’à une seule condition, incontournable, inévitable, inoubliable : le respect de la nature. Sans elle, nous ne sommes rien. Sans elle, adieu l’amour de l’autre, adieu les bons sentiments, adieu… le monde que nous habitons !

L’autre déclic intérieur est donc là : nous appartenons au monde naturel, et non l’inverse (l’idée, répandue, que le monde nous appartient…). Non seulement nous ne sommes sur cette Terre que des locataires de passage mais nous devons en prendre soin, pour nous, pour les autres, pour ceux et celles d’après, qu’ils soient nos enfants ou les enfants des autres. De cette conscience, responsable, se dégagent 3 principes fondateurs qui donnent le cap de la permaculture :

1 – Prendre soin de la Terre

2 – Prendre soin des Humains

3 – Fixer des limites à la consommation et à la démographie, et redistribuer les surplus

La permaculture est une pratique

Tout cela est bien beau, dira-t-on, mais comment faire pour que ces 3 principes dépassent le cadre de notre seule conscience ? Comment passer du stade de la noble intention à celui de l’action ? Comment passer de la théorie à la pratique ?

Là est toute la difficulté. Car aujourd’hui c’est une réalité : une majorité d’habitants de la planète n’a plus de lien direct avec le système-Terre (la terre, l’eau, les plantes, la forêt, les animaux…) et se trouve pris dans une spirale de consommation effrénée. Des habitudes tenaces ont été prises. La société contemporaine, avec son urbanisation galopante et son culte de la croissance qui ont gagné l’ensemble de la planète, est entrée dans l’ère de l’individu « hors-sol » consommant en majorité des produits transformés, coûteux en énergie. Alors, quelle place pour la permaculture, centrée au contraire sur un enracinement dans le sol, en intimité quasi ombilicale avec la nature, et qui prône de surcroît la décroissance et l’autorégulation ?

Associations, chercheurs, penseurs, acteurs du monde agricole, artisans, tous seront là pour vous faire partager leur expérience et expliquer comment au quotidien ils vivent la permaculture. Car la permaculture c’est avant tout un mode d’agir. Elle constitue en tant que telle – en tant qu’action – une réponse positive, raisonnée et généreuse à la tournure inquiétante du monde. Loin d’être une solution miracle, elle est simplement une réponse. Elle est la manifestation de la profonde transition que le monde doit accomplir s’il veut éviter que l’effondrement du système actuel, inéluctable, produise un maximum de dégâts.

La permaculture c’est d’abord, historiquement, une agriculture. Son nom est tiré de là, de l’anglais ‘permanent agriculture’, traduit en français par ‘agriculture permanente’, ou ‘durable’, ou ‘soutenable’. Ses méthodes s’inspirent de l’observation de la nature (ce qu’on appelle le bio-mimétisme) et prennent en considération la biodiversité des écosystèmes. Elle a vite pris de l’importance comme simple technique de jardinage et a eu beaucoup de succès comme telle (encore aujourd’hui). Mais c’est vite oublier que la permaculture relève, dans son ADN même, d’une vision plus large, dite ‘systémique’. Elle vise à mettre en place des systèmes de vie durables où chaque individu, chaque être vivant est perçu comme un élément, et respecté comme tel à ce titre.

D’agriculture permanente, la permaculture est donc devenue une culture permanente, ou ‘culture de la permanence’. C’est un concept très étendu – si étendu que chacun peut s’y retrouver s’il le désire, qu’on soit un individu ‘hors-sol’ ou ‘plein-sol’… Un de ses objectifs est de réduire au maximum nos diverses dépendances à la civilisation thermo-industrielle (une civilisation fondée sur le couple énergie-finance) : dépendance vis-à-vis des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) et nucléaire, vouées à disparaître à plus ou moins court terme, dépendance vis-à-vis des biens matériels, surabondants, dépendance vis-à-vis des institutions, issues pour la plupart d’un système artificiellement soutenu (banques, agriculture industrielle, grande distribution…). La solidarité, l’échange des compétences, des connaissances, des produits, le partage sont autant de pratiques nécessaires pour assurer ce mode de vie et sont au cœur de la pratique permacole.

Rien de plus difficile dans un pays tel que le nôtre – l’un des plus impliqués dans cette course folle. Nous sommes, nous français, dans le peloton de tête des consommateurs et des destructeurs en tout genre. Mais nous sommes aussi des champions de la contestation, de l’innovation et de la création, et nous bénéficions des moyens de pouvoir changer les choses. Aucun pouvoir ne nous en empêche. Cela relève ainsi d’une volonté propre, de notre volonté, à chacun.

Et si, en venant nous voir, le déclic intérieur se faisait ?